Drone Dji FPV

Test Drone DJI FPV : Points faibles / points forts ?

Attendu de pied ferme par les amateurs de drones de course

Le dernier né de DJI ne vient finalement pas tout à fait se frotter aux « racers » de ce monde, préférant se placer dans une catégorie hydride qui lui est propre. Un pari osé, mais réussi.

Présentation

Pressenti sur le segment des « racers » depuis l’introduction en 2019 d’un kit FPV System, DJI arrive finalement 2 ans plus tard avec sa propre vision du drone de course. Sobrement baptisée DJI FPV, sa dernière création ne renie pas ses origines et se place finalement à mi-chemin entre la caméra volante stabilisée (comme les Mavic) et le racer que l’on pilote en immersion avec un masque en vue à la première personne (FPV pour First-Person View).

Une vraie machine à sensations fortes qui fait le pari d’arriver sous la forme d’une solution prête à l’emploi, comprenant le drone avec sa caméra 4K intégrée, sa radiocommande et son masque FPV compatible. Quitte à viser le haut de gamme avec un prix de lancement placé à 1349 €.

Prise en main

Contrairement à ce que l’on pouvait craindre à la découverte des premiers visuels, le DJI FPV est bien plus compact qu’il n’en a l’air. Il est trapu, mais n’occupe en fait pas beaucoup plus d’espace que la plupart des drones de course (17,8 x 23,2 x 12,7 cm — 25,5 x 31,2 x 12,7 cm hélices comprises).

Le DJI FPV est simplement beaucoup plus épais et assez lourd. Affichant 786 g sur notre balance (570 g pour le Mavic Air 2) ; une masse inférieure aux 800 g au-dessus desquels la réglementation devient bien plus contraignante.

Il ne peut non plus se replier pour le transport. Ses bras étant solidement vissés sur le châssis pour assurer une bonne rigidité. Avec ses hélices de 5 pouces (propriétaires) qui se montent et se démontent sans outil, il est néanmoins facile à transporter sans risquer de l’endommager.

Test Drone DJI FPV : Points faibles / points forts ?

L’arrivée de DJI dans l’univers du drone de course ne se traduit toutefois pas par une augmentation de la complexité d’utilisation. Le fabricant se démarquant justement par la simplicité et la rapidité de mise en service de son drone FPV. L’appareil arrive en effet prêt à l’emploi. Il suffit:

  • d’y insérer son imposante batterie,
  • de la brancher,
  • puis de l’allumer après avoir préalablement démarré radiocommande et casque FPV.

Étonnamment, le drone s’appuie sur sa batterie lorsqu’il est posé, cette dernière intégrant à cette fin 2 petits pieds en caoutchouc. Malin, car les hélices arrière sont ainsi plus en hauteur, ce qui permet de décoller plus facilement dans l’herbe, par exemple.

Le FPV

Contrairement aux autres drones DJI, le FPV se pilote en immersion et non via l’écran d’un smartphone. DJI fournit pour cela son « casque FPV V2 », petite évolution de celui fourni avec le kit DJI FPV System. Ces « lunettes FPV », telles qu’on les appelle parfois, ressemblent à un casque de réalité virtuelle.

Point d’environnement virtuel ici, ni même de 3D. Cependant il s’agit d’observer en direct ce que filme le drone via sa caméra, pour avoir l’impression de voler directement à son bord. L’affichage est assuré par 2 écrans LCD IPS 144 Hz de 2″ chacun. Qui offrant une définition totale de 1440 x 810 px.

Bien qu’il ne soit pas excessivement lourd (420 g), on ne peut dire que ce casque offre un très bon confort en comparaison des casques VR que nous avons l’habitude d’utiliser (Oculus Quest 2, en particulier).

Cela dépend bien sûr de la morphologie de chacun. DJI propose justement dans sa boutique en ligne un autre type de rembourrage « spongieux » (15 €). Pour ceux qui trouveraient l’original inconfortable. Les porteurs de grosses lunettes auront également du mal à l’utiliser. DJI propose là aussi en option des lentilles correctrices pour la myopie. On apprécie néanmoins la possibilité de régler l’espacement des lentilles pour qu’il corresponde au mieux à notre écart interpupillaire.

Test Drone DJI FPV : Points faibles / points forts ?

Il est toujours possible d’obtenir un retour vidéo via l’application DJI Fly de ce que filme le drone. En se connectant a son smartphone directement au masque FPV. Celui-ci est surtout prévu pour l’observateur. Il doit être présent aux côtés du pilote durant toute la durée du vol pour respecter la réglementation. DJI n’a pas prévu de compatibilité complète de son FPV avec cette application.

L’interface de contrôle reste ainsi réservée au pilotage en immersion et la radiocommande n’intègre d’ailleurs pas de support pour smartphone qui laisserait espérer l’arrivée d’une telle option. Les commandes sont néanmoins bien placées et facilement identifiables au toucher, si bien qu’il n’est en principe pas nécessaire de retirer le masque pour la regarder durant le pilotage.

Vol

Trois modes de vol sont proposés. En mode normal, ce quadrirotor se comporte globalement comme un Mavic et profite d’une stabilisation. Lorsqu’on lâche les commandes, les sticks reviennent en position centrale et le drone maintient sa position.

La radiocommande est configurée en mode 2 par défaut :

  • le stick gauche sert à faire monter ou descendre l’appareil et à le faire pivoter sur son axe vertical (lacet),
  • le stick droit le fait avancer ou reculer (tangage) et se déplacer latéralement (roulis).

Ce mode de vol N (normal) offre en plus une détection des obstacles avec freinage automatique, grâce aux 2 caméras disposées à l’avant du FPV. Une vraie sécurité pour les débutants. Deux autres caméras sont chargées de la détection des obstacles sous le drone et sont couplées à 2 caméras temps de vol (ou capteurs ToF pour time of flight) pour mesurer plus précisément les distances.

Test Drone DJI FPV : Points faibles / points forts ?

Des automatismes particulièrement bienvenus lorsqu’il s’agit de filmer et surtout quand l’appareil revient à son point de départ en mode autonome (RTH, pour « return to home« ). Une fonction on ne peut plus appréciable et qui sauvera bien des pilotes en cas de perte de signal.

La prudence reste de mise, puisqu’en mode RTH, le DJI FPV est susceptible de monter automatiquement à une hauteur prédéfinie (100 m par défaut). Mais ne détecte pas les obstacles situés au-dessus de lui. Gare aux arbres, par exemple.

Il reste néanmoins possible d’adapter le comportement du drone en fonction de la situation, en choisissant par exemple l’atterrissage automatique en cas de perte de signal plutôt que le RTH.

Pour les amateurs de sensations fortes qui ne veulent pas perdre la stabilisation automatique pour autant, le DJI FPV peut passer en mode S (sport) pour voler plus vite (97 km/h contre 54 km/h en N). Mais l’évitement d’obstacles est alors désactivé.

De quoi bien s’amuser, mais avec beaucoup moins de discrétion puisqu’on entend alors très nettement le sifflement des moteurs déjà bien audible en mode N.

Qualité d’image

Bien que le DJI FPV ne se range pas dans la catégorie des caméras volantes, il n’en est pas moins conçu pour capturer de belles images avec sa caméra 4K (f/2,8, équivalent 35 mm de 14,66 mm) à capteur CMOS 1/2,3″ de 12 Mpx, avec une fréquence pouvant grimper jusqu’à 60 i/s et un débit de 120 Mb/s.

Test Drone DJI FPV : Points faibles / points forts ?

De quoi capturer de belles séquences avec des mouvements de caméra très dynamiques. La caméra n’est stabilisée que sur un axe (inclinaison). Mais la technologie RockSteady EIS de DJI se charge d’ajouter une stabilisation numérique sur toute l’image. Pour gommer les mouvements parasites qui se produisent inévitablement avec un appareil aussi nerveux que le FPV. En particulier si l’on pilote en mode S ou M.

Autonomie

Grâce à sa batterie LiPo 6S de 2000 mAh, le DJI FPV serait en mesure d’assurer jusqu’à 20 minutes de vol, selon DJI. Une autonomie un peu optimiste, puisqu’il ne faut guère compter sur plus d’une quinzaine de minutes en réalité. Le seul moyen d’approcher les 20 minutes est de forcer le drone à rester en l’air en ignorant toutes les alertes sonores et visuelles qui nous envahissent passés les 20 % de batterie restante.

On ne le conseillera qu’en cas de situation critique où l’appareil ne doit surtout pas se poser avant (au-dessus d’un lac, en montagne…). Car les batteries LiPo n’apprécient jamais d’être trop déchargées.

Avec un vol plus nerveux, tablez plutôt sur une dizaine de minutes de fun. Cela peut paraître peu, mais c’est déjà beaucoup pour un drone typé racer capable de telles performances. Comptez environ 40 min pour le recharger.

Test Drone DJI FPV : Points faibles / points forts ?

La radiocommande profite quant à elle d’une batterie de 2600 mAh lui conférant facilement 5 h d’autonomie après 2 h 30 min de charge environ. Quant au casque FPV, comptez à peine 2 h d’utilisation avec la petite batterie externe de 1800 mAh fournie.

POINTS FORTS

  • Simplicité de prise en main.
  • Prêt à l’emploi.
  • Qualité et portée de la transmission numérique O3.
  • Retour vidéo HD à faible latence.
  • Bonne autonomie pour un drone aussi véloce.

POINTS FAIBLES

  • Masque FPV pas très confortable.
  • Des figures aériennes automatiques seraient un plus.
  • Passage SAV obligatoire en cas de casse de certaines pièces (bras…).

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